Nba !

Nba !
Nba, Le FoNdaTeur Du GRouPe Saghru.
# Posté le samedi 10 mai 2008 18:37

SaGhRu En ConCeRT à ALniF 2008!

GrouPE SaGhRu A ALniF !
# Posté le jeudi 01 mai 2008 12:44

Sortie de "Fad", premier album de "Tifa"

Sortie de "Fad", premier album de "Tifa"
TIFA ou la chanson amazighe au féminin


Les oasis du Sud-est accueillent le printemps (tafsut) avec les chants et les youyous de ses femmes ! Quelle déception pour les voleurs qui veulent que les fleurs de ces jardins ne versent que les larmes ! Après le groupe Saghru, d'autres fleurs de ce printemps fleurissent : Angmar, El Ouardy, Omar Aït Said, Imenza, Isnayen et TIFA. Après une participation vocale dans le dernier album de son grand frère Moha Mellal « Angi », Saida Mellal sort son premier album en duo avec sa nièce Aicha.

En effet, si la chanson moderne amazighe dans le Sud-est vit son printemps, dans ce premier album « FAD » (la soif) de groupe TIFA, les saisons n'ont aucun sens, tout dépend de l'état d'esprit de la personne, des puits secs au moment où la neige couvre les entrées des demeures.

Deux thèmes dominent les titres de l'album : d'un côté, la nature dans ses petits détails indescriptibles sauf par un peintre passionné. De l'autre côté, la vie avec ses questions existentialistes que seul un grand poète expérimenté peut y répondre.
Dans les deux cas, Moha Mellal, l'auteur des paroles de l'album est une référence. Il a su apporter des réponses à ces questions en tant qu'artistes-peintre et grand poète.

TIFA avec ses lumières vient rendre hommage à la femme amazighe et l'inciter à continuer le combat, le combat pour la liberté :

O les femmes amazighes debout, les étoiles du soleil sont levés
Prenez les cordes aux aires de séchage sur les collines
Portez les habits, la nourriture et l'eau
Aux braves cavaliers qui portent leurs armes
Portez les armes, ils nous ont désapproprié de notre terre
Ils ont pris le puits et la source


INTERVIEW AVEC SAIDA MALLAL :

Afin de faire connaître au public les nouveaux talents, nous avons l'honneur de vous présenter le groupe TIFA que nous avons interviewé. Nous tenons à remercier Saida MELLAL d'avoir accepté de répondre à nos questions.


- Pouvez-vous nous parler de vous en quelques lignes et qui a eu l'idée pour réaliser cet album ?

Le groupe TIFA vient de naître à travers l'idée de Moha qui a constaté un talent de chant chez moi et que j'avais, moi-même, auparavant constaté chez ma nièce Aicha. Etant jeunes ( 22 ans) sans expérience ainsi que notre nature de filles timides, nous avons rencontré des problèmes pour s'introduire dans le chant professionnel avec tout ce que ceci implique de performance en live le travail sur une nouvelle poésie...
Tous les jeunes de ma famille se sont mobilisés pour mettre en place ce premier travail. Moha s'est occupé des paroles, Driss de la composition musicale et l'enregistrement, Abdellatif la conception artistique, Lahsen et Said on apporté un grand soutien même s'ils sont à l'étranger, Fatima le financement du projet, sans oublier l'encouragement des parents.


-Pourriez-vous nous parler de ce travail en amont ?

Ce travail est un grand plaisir pour toute la famille, on a oublié la fatigue des compositions, des enregistrements et parfois des difficiles choix des idées. La joie d'être les premières filles de tout le Sud-Est à chanter des textes bien choisis avec une musique moderne, dépasse la fatigue et les dépenses du travail.

- Dans cet album, nous remarquons la participation de presque tous les membres de votre famille ! Est-ce qu'on peut parler d'un projet familial ?

La participation de toute la famille n'est pas étrange car ils travaillent déjà bénévolement pour les autres qui veulent bien participer à la renaissance de notre culture amazighe. Abdellatif a crée déjà une dizaine de conception pour les photos des CD de quelques artistes amazighs, Moha a donné déjà des poèmes pour cultiver un goût élevé dans la chanson amazighe, Driss a déjà enregistré pour des musiciens et chanteurs amazighs, Lahsen de Pays-Bas n'a jamais hésité à mettre à leur disposition tous ce qui est nouveau dans le monde des enregistrements...Voilà ils sont là pour aider comme les autres les aident pour le bien de notre culture.

- Quelle charge symbolique voulez-vous véhiculer en choisissant « TIFA » comme nom du groupe et « FAD » comme titre de ce premier album ?

Après de nombreuses discussions entre les membres de la famille. Nous avons décidé de choisir TIFA comme nom du groupe. Nous avons pensé à un mot amazigh qui résonne et simple pour la prononciation. Ensuite, qui est une grande charge symbolique : TIFA ce sont les premières lettres de TIFAWT qui signifie parfois la lumière parfois l'aube.

Le nom de l'album est FAD : l'idée est venue à travers l'un des textes chanté dans cet album et par la grande soif de notre région pour la noble chanson amazighe notamment avec des voix féminines.

- Après votre participation avec ta voix dans le dernier album de MALLAL «Angi », qu'elle est la réaction de votre entourage ? Avec cet album, êtes-vous prêtes à aller à la rencontre de votre public en chantant en live ?

La réaction de l'entourage familial est toujours positive. Nos parents sont ceux qui ont semé les premiers grains de l'art dans la famille. Ils sont toujours fiers. Pour le public, je ne crois pas que nous sommes prêtes à chanter devant le public, car nous sommes les plus timides de la famille mais je crois que l'encouragement des Imazighens et toute la famille nous pousserons un jour sur scène devant un public.

- Comment expliquez-vous l'absence des voix féminines dans le domaine artistique dans la région du Sud-est marocain ?

L'absence de la femme dans la chanson du Sud-est est due aux relations familiales plus complexes et la conception envers l'honneur de la famille et de la tribu. C'est un grand fardeau qui a tué pas mal d'énergies artistiques chez la femme amazighe au Sud-est et notre album FAD vient casser ce millénaire Tabou.


- Donc, en tant que femme, vous êtes obligées de soulever des montagnes particulières pour la réalisation de cet album ?

Dans notre société, la femme chante dans des contextes limités comme les mariages et à voix basse pendant ses travaux domestiques ou champêtres. Même dans la danse d'Ahidous, les femmes chantent en groupe pour ne pas distinguer et reconnaitre leurs voix et en général elles n'ont qu'à répéter ce que les hommes leur dictent !!! Sans oublier qu'il y a des tribus où même la danse d'Ahidous n'est pas autorisée qu'aux femmes-divorcées !!!

La femme qui chante hors ces contextes est mal vue et rejetée par la société. Dans le Sud-est, au contraire à d'autres régions, c'est difficile de trouver une femme chanteuse et la plupart des artistes font appel à des « cheikhates » originaires d'autres régions pour les accompagner dans leurs chants, ce qui renforce cette vision dévalorisante envers le chant et la musique en général.

Je peux vous dire une chose, ma région est connue par un genre poétique qu'est Timnadin dans lequel la femme a bien exprimé, à basse voix, ses chagrins et ses souffrances dans un rythme triste. Donc, notre démarche est de chanter seulement à haute voix ce que ces femmes chantent à basse voix en espérant d'ouvrir la voie à d'autres filles afin de chanter à haute voix et changer un peu les mentalités. La musique moderne n'est pas contradictoire avec les chants d'Ahidous ou Timnadin, ce n'est qu'une autre ouverture vers le monde.

- Votre dernier mot ?

Cet album est un cadeau pour notre culture amazighe avec la voix de deux jeunes filles de la campagne, un défi de la nature par la poésie et le chant. Rien qu'être soutenues, encouragées par les nôtres avant quelqu'un d'autres est déjà une bonne récolte dans nos champs. Les sept chansons de l'album sont là pour vous dire quelques choses de profond, écoutez les.


Merci à vous



Hamid Belkassem
Pour l'Association AZAL
# Posté le mardi 18 mars 2008 11:29

Les passeurs de mémoire

Les passeurs de mémoire
Une nouvelle génération d'artistes engagés...

Saghru, Imenza, Tighermatin, Imal, Timès... sont de jeunes groupes de musique. Mais, pas n'importe lesquels. Par leur engagement et leur persévérance, en dépit des maigres moyens dont ils disposent, ils dessinent les contours d'une révolution culturelle dans les vallées de Tafilalt. Regard sur une nouvelle génération des maquisards du verbe.



Résistance

On raconte que pour survivre dans les oasis de Tafilalt, balayées par le soleil et les vents chauds, il a fallu apprendre à se battre très tôt. La mémoire collective raconte aussi que si l'on entendait le bruit des sabots raisonner dans le désert aride, ce ne pouvait être que l'armée du Makhzen en campagne contre une tribu dissidente. A l'époque, Aït Atta, Aït Merghad, Aït Hdiddou, Aït Aïssa Yizem... Tous les "Aït" refusaient d'être soumis. L'histoire nous enseigne que le Makhzen n'a jamais pu mettre sa main sur cette région jusqu'au début des années 1930 avec l'intervention de l'armée française qui a réussi à soumettre tout le Tafilalt après avoir commis d'immondes boucheries à Ifgh, à Baddou, à Saghrou et bien d'autres lieux. Les blessures ne se sont pas encore cicatrisées et la mémoire garde toujours cet affront enfoui au fond d'elle.

Aujourd'hui, le vent sec du sud balaie toujours le désert et les vallées terrassées par des décennies de sécheresse. Le visage de la terre n'a pas beaucoup changé. Les fils des femmes et des hommes tués à Bougafer et à Baddou se sont dressés pour refuser de se soumettre. Ils veulent s'affirmer, exister et être eux mêmes. Ils le disent haut. Ils le chantent. Le passé et le présent sont désormais liés par l'esprit de la résistance. L'âme de Saghrou.

Après des décennies d'oppression et de marginalisation programmée, Imenza, Imal, Tighermatin, Saghru, Timès et d'autres jeunes groupes ont réussi à secouer le silence et à narguer la peur en déclenchant une révolution douce notamment sur les plans culturel et politique dans la région. Face au mépris institutionnalisé de tout ce qui a trait à l'identité amazighe, les leaders de ces groupes, nés dans la douleur de la contestation, ont investi Internet où ils se sont fait connaitre.


Iman n Saghru, ou l'âme de saghrou

L'un d'eux s'appelle Nbark Oularbi, 27 ans. Il est l'un des poètes qui ont ressuscité cette âme de la résistance. "Saghru" est le nom qu'il a donné au groupe de musique qu'il avait fondé avec son propre frère. "Ces montagnes ont vu naître l'épopée de Saghru, symbole de la résistance et des sacrifices du peuple amazigh. C'est pour rendre hommage à ces résistants et à leurs âmes et inciter les vivants à suivre leur chemin que nous avons choisi ce nom pour notre groupe", m'avoue Nbark.

Saghru vient de sortir son premier album, "Muha", titre de l'une des cinq chansons de l'œuvre qui conte la malheureuse histoire d'un jeune diplômé chômeur confronté à la précarité et au déni identitaire. L'album qui se veut un hommage aux détenus politiques de la cause amazighe à Imtghren et à Meknès a connu un succès qui a surpris même les membres du groupe.

Outre "Muha", dans l'album on peut apprécier plusieurs autres belles chansons, dont "Riru", "Ulac Smah Ulac", "Grat-d ifassen" et "Bienvenue étrangères". Ces trois dernières sont écrites par l'incontournable poète de Tizi n Imnayen, Omar Derouich.

"Les jeunes ont besoin de cette musique des racines qui traite, sans pudeur, de leurs problèmes au quotidien. Cet album est d'une force considérable. Avec les arrestations des militants et leur condamnation arbitraire à des peines de prison, un climat de révolte et de colère s'est installé dans toute la région. Au lieu d'avoir peur, les jeunes, notamment les artistes, continuent à alimenter la flamme du combat", me dit un membre d'une association amazighe à Tizi n Imnayen.

Même son de cloche chez Nbark. "Désormais, personne ne peut me faire taire" me dit-il

La nouvelle garde

Comme Nbark, plusieurs artistes ont rejeté la politique du silence imposée. Avant eux, de redoutables poètes traditionnels "imedyazen" avaient défriché le chemin en critiquant le pouvoir et sa politique avec une subtilité légendaire. Ces jeunes représentent la relève et ils l'ont fait savoir. Rien qu'en 2007, différents groupes dans les vallées de Tafilalt et de Ouarzazat ont franchi le pas en sortant des CD de musique qui rivalisent en beauté et en engagement. Chose inimaginable il y a seulement quelques années. Cette prouesse a été due à Internet. Ce dernier a joué un rôle déterminant dans le développement de ces groupes. Leurs vidéos ont été visionnées par des milliers de personnes sur YouTube et Dailymotion ainsi que sur des portails régionaux tel Yafelman.com et des sites militants comme Asekka.net. Ces sites ont permis à ces jeunes de s'ouvrir sur le monde et de faire connaître leur musique. C'est ainsi qu'on a pu découvrir les beaux textes d'Imenza, la rage de Saghru et la transe de Tighermatin, rien qu'avec un simple clic.

Ce développement avait aussi imposé aux artistes d'avoir recours à des textes engagés. Presque tous font appel à un autre monument du militantisme amazigh dans la région, Omar Derouich. Un poète moderne hors pair de Tizi-n-Imnayen. Membre de l'association Tilelli, ce ciseleur de mots a étanché la soif de presque tous les artistes engagés de la région

Engagement

Les associations amazighs à Tamazgha et surtout dans la diaspora ont l'obligation morale d'accompagner ces groupes, de les soutenir et de les aider à se développer davantage.

Il s'agit de garder allumée cette flamme qui nous éclaire et qui nous rappelle que nous sommes un peuple toujours sous domination, un peuple en lutte pour la liberté. Par son engagement, cette nouvelle génération de maquisards est une étoile d'espoir sur le long chemin... de la liberté.

Lhoussain Azergui


Source : www.tamazgha.fr
# Posté le lundi 18 février 2008 08:39

Ulah'lu et Saghru à Montpellier !

Ci-dessous une vidéo portée à la soirée du nouvel an amazigh 2958 à Montpellier en France. Vous écouterez Ulah'lu qui fredonne ses deux titres : Arraw n Tlelli et Pouvoir Assassin avec l'adhésion des Ayt Ghighouch de France et du l'album du groupe Saghru.
# Posté le dimanche 10 février 2008 10:56

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